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| default | Maths A2 - Chapitre 1 - Compléments d'Algèbre Linéaire | 2024-07-01 12:19:36 +0200 | courses | Mat2_01_C |
1. Compléments
A. Espaces vectoriels
Définition : (E, +, .) est un \mathbb{K} espace vectoriel si :
(E,+)est un groupe abélien\forall (\lambda, \mu) \in \mathbb{K}^2, \forall x \in E, \lambda.(\mu.x) = (\lambda \times \mu).xet(\lambda + \mu). x = \lambda.x + \mu.x\forall \lambda \in \mathbb{K}, \forall (x,y) \in E^2, \lambda.(x+y) = \lambda.x + \lambda.y\forall x \in E, 1_\mathbb{K}.x = x
Quelques espaces vectoriels usuels :
(\mathbb{K}, +, .)(\mathbb{K}^n, +, .)M_{m,n}(\mathbb{K}), l'ensemble des matrices àmlignes etncolonnes à coefficients dans\mathbb{K}\mathbb{K}[X]l'ensemble des polynômes à coefficients dans\mathbb{K}\mathbb{K}^\mathbb{N}l'ensemble des suites d'éléments de\mathbb{K}\mathcal{L}(E,F)l'ensemble des applications linéaires deEdansF
Remarque : Il est généralement plus simple de prouver qu'un ensemble F est un sous-espace vectoriel d'un autre espace E plutôt que de vérifier toutes les conditions de la définition précédente.
Définition :
Soit E un \mathbb{K} espace vectoriel et F \subset E.
F est un sous-espace vectoriel de E si :
F \neq \varnothingFest stable par somme et multiplication par un scalaire
B. Applications linéaires
Définition : Soit f : E \longrightarrow F. On dit que f est linéaire lorsque :
\forall (u, v) \in E^2, \forall \lambda \in \mathbb{K}, f(\lambda.u, v) = \lambda f(u) + f(v)
Terminologie :
- On note
\mathcal{L}(E, F)l'ensemble des applications linéaires deEdansF - Si
E=Fon note\mathcal{L}(E, E) = \mathcal{L}(E). Les éléments de\mathcal{L}(E)sont des endomorphismes. - Un isomorphisme est une application linéaire bijective
- Un automorphisme est un endomorphisme bijectif
Propriétés :
- Restriction : Si
f \in \mathcal{L}, siGest un SEV deE, et siHest un SEV deFtel quef(G) \subset H, alorsf_{/G} \in \mathcal{L}(G,H) - Somme et multiplication : Si
(f,g) \in \mathcal{L}(E,F)et\lambda \in \mathbb{K}, alors\lambda.f + g \in \mathcal{L}(E,F) - Composition : Si
f \in \mathcal{L}(E,F)etg \in \mathcal{L}(F,G), alorsg \circ f \in \mathcal{L}(E,G) - Bijection réciproque : Si f est un isomorphisme de
EsurF, alorsf^{-1}est un isomorphisme deFdansE
Définition : Noyau et image
Soit f \in \mathcal{L}(E,F)
- On appelle noyau de
f:
Ker(f) = f^{-1} (\{0\}) = \{x \in E / f(x) = 0\}
- On appelle image de
f:
Im(f) = f(E) = \{f(x) \in F / x \in E \}
Ker(f) et Im(f) sont des SEV de respectivement E et F
Remarque :
Soit f \in \mathcal{L}(E,F)
fest injective\iff Ker(f) = \{0\}fest surjective\iff Im(f) = F
Terminologie :
Soit f \in \mathcal{L}(E) un endomorphisme
fest un projecteur\iff f^2 = ffest une symétrie\iff f^2 = Id_{/E}
C. Familles de vecteurs
Définitions :
On considère (x_1, x_2, ... x_p) = (x_i)_{i\in I} une famille de p vecteurs de l'EV E
- La famille de vecteurs est libre si
\sum\limits_{i=1}^p \lambda_i x_i = 0 \implies \forall i \in I, \lambda_i = 0 - La famille de vecteurs est génératrice si
\forall x \in E, \exists (\lambda_i)_{i\in I} / x = \sum\limits_{i=1}^p \lambda_i x_i - La famille de vecteurs est une base si elle est libre et génératrice, ou encore si
\forall x \in E, \exists !(\lambda_i), i\in I / x = \sum\limits_{i=1}^p \lambda_i x_i
Définitions :
- On dit qu'un
\mathbb{K}espace vectorielEest de dimension finie s'il admet une famille génératrice finie - De plus, tout espace vectoriel de dimension finie (non réduit à
\{0\}) admet au moins une base - Toutes les bases ont le même cardinal, qu'on appelle dimension de
E
Remarque :
Si E est un EV de dim n, et (x_i) une famille de vecteurs de E, alors il y a équivalence entre les trois propositions suivantes :
(x_i)est une base deE(x_i)est une famille libre ànéléments(x_i)est une famille génératrice ànéléments
Définition :
Soient E et F deux EV, et u \in \mathcal{L}(E,F). On suppose que E est de dimension finie. On appele rang de u :
rg(u) = dim(Im(u))
Théorème du rang :
Soient
EetFdeux EV, etu \in \mathcal{L}(E,F). On suppose queEest de dimension finie. On a alors la formule du rang :dim(E) = dim(Ker(u)) + rg(u)
Remarque :
Que peut-on en déduire si dim(E) = dim(F) ? (donc pour tout endomorphisme en dimension finie)
D. Produit et somme d'espaces vectoriels
Définition :
On considère $n \hspace{2mm} \mathbb{K}$-EV E_1, ... E_n
Le produit cartésien E_1 \times E_2 \times ... \times E_n est défini comme l'ensemble des (x_1, x_2, ..., x_n) tels que x_i \in E_i
E_1 \times E_2 \times ... \times E_n a une structure de $\mathbb{K}$-EV et dim(E_1 \times E_2 \times ... \times E_n) = \sum\limits_{i=1}^n dim(E_i)
Définition :
On considère deux SEV F et G d'un même EV E. On note alors :
F+G = \{x+y / x\in F, y \in G\} = \{z \in E / \exists (x,y) \in F \times G, z = x+y\}
La somme F+G est un SEV de E.
Définition :
On dit que deux SEV F et G sont en somme directe lorsque F \cap G = \{0\}, dans ce cas on note F+G = F\oplus G
Définition :
On dit que deux SEV F et G sont supplémentaires dans E lorsque
F \cap G = \{0\}F+G = E(tout vecteur deEpeut s'exprimer comme une somme d'un vecteur deFet d'un vecteur deG)
Théorème :
Soient
Eun $\mathbb{K}$-EV etFetGdeux SEV deEdedimfinie.
F+Gest un SEV deEdedimfinie etdim(F+G) \leq dim(F) + dim(G)- De plus si
FetGsont en somme directe alorsdim(F\oplus G) = dim(F) + dim(G)
Théorème : Formule de Grassman
Soient
F, Gdeux sev de dimension finie.dim(F+G) = dim(F) + dim(G) - dim(F\cap G)
Remarques supplémentaires sur les bases
Définition : (rappel) On dit qu'une famille de vecteurs est une base lorsqu'elle est libre et génératrice.
Définition : Soit F un sev de E. On dit qu'une famille de vecteurs B = (B_1, B_2) est une base de E adaptée à F lorsque B_1 est une base de F et B_2 une famille de vecteurs de E.
Théorème : Caractérisation des sev supplémentaires
Soient
FetGdeux sev deE. Les propositions suivantes sont alors équivalentes :
FetGsont supplémentaires dansEF + G = EetF \cap G = \{0\}- Tout vecteur
u \in Ese décompose de manière unique enu = v + wavecv \in Fetw \in G- L'union d'une base de
Favec une base deGdonne une base deEDans ce dernier cas, on a alors une base adaptée à la somme directe
F\oplus G